EMPLOI - LE MONDE A L'ENVERS Pendant que les thermes publics d'Aix les Bains cherchent à se débarrasser de leurs salariés fonctionnaires en catimini et sans se soucier le moins du monde de leur avenir, le MEDEF de Savoie met en place un plan pour aider les entreprises touchées par la crise à envoyer leurs salariés en formation. A priori, lorsqu'elle entend parler du MEDEF, une bonne partie de la population française à les oreilles qui se mettent à chauffer et la moutarde qui lui monte au nez.
Pour la bonne et simple raison que la plupart des gens associent le MEDEF uniquement aux grands patrons, à leurs salaires insultants à force d'être astronomiques, à leurs parachutes dorés, et à la présidente du mouvement, insupportable à force de donner des leçons à tout le monde.
Mais voila, le MEDEF, ce n'est pas que ça. Simplement parce que les patrons, ce n'est pas que ça non plus. D'ailleurs on préfère les termes de chefs d'entreprises, ou encore d'entrepreneurs, qui collent bien plus à la réalité et au quotidien de l'immense majorité d'entre eux.
On a pu entendre Nicolas Sarkozy vilipender ceux qu'il appelle les "patrons voyous", qui s'en mettent plein les poches, et licencient à tour de bras même lorsque leurs entreprises sont bénéficiaires, juste histoire d'augmenter un tant soit peut leurs profits en délocalisant ailleurs où c'est moins cher.
Des mots. Des jolis mots, mais qui n'ont pas empêché
son gouvernement, par le truchement de
son premier ministre, de prendre la décision de privatiser les Thermes Nationaux d'Aix les Bains,
sans prévoir le moins du monde quel avenir pourrait être réservé aux fonctionnaires d'état de l'établissement, qui pendant des décennies ont contribué au développement et au rayonnement de l'établissement thermal.
"Faites ce que je dis, pas ce que je fais". Un grand classique chez les politiques. Qui ajoutent parfois "et évitez de regarder ce que je fais et d'écouter ce que je dis."
Bien loin de ce double langage, et de cette attitude "digne" du pire des patrons-voyous, le MEDEF de Savoie entend pour sa part agir concrètement pour les entreprises et pour leurs salariés. Et notamment pour les entreprises fragilisées ou mises en difficulté par la crise actuelle.
Sur le papier, l'idée du MEDEF de Savoie est simple : utiliser les différents dispositifs et aides existants pour envoyer les salariés en formation au lieu de les licencier. Une idée qui peut sans conteste tenir la route, si la crise et ses effets ne s'éternisent pas trop longtemps.
Et pour les entreprises comme pour les salariés, c'est tout bénéfice. Les entreprises réduisent temporairement la voilure, en l'adaptant à leur baisse d'activité, ce qui peut leur permettre de passer le cap sans trop d'encombre. Elles évitent aussi de perdre du personnel qualifié, des savoir-faire, qui pourraient être très long à réacquérir par la suite.
Les salariés de leur côté évitent bien évidemment le licenciement et le chômage, et peuvent de plus accroître ou diversifier leurs compétences, en conservant un niveau de rémunération acceptable, tout en étant presque assurés de retrouver leur emploi à l'issue de leur période de formation.
Certes, on imagine bien que tout ne sera pas aussi rose ni idyllique que la description qui vient d'être faite. Il y aura forcément des dégâts et des ratés.
Mais avouez qu'entre un état qui dénonce les patrons-voyous mais qui se comporte comme le pire d'entre eux avec ses salariés, et le MEDEF de Savoie qui lui au contraire essaye d'agir concrètement pour la sauvegarde de l'emploi, c'est un peu le monde à l'envers (1).
De quoi donner bien des regrets aux fonctionnaires des Thermes ...
Il ne nous appartient pas de développer ici plus en avant les détails du plan du MEDEF de Savoie. Sachez néanmoins qu'il s'agit, pour l'instant, d'une initiative unique en France, qui a emporté l'adhésion de la quasi totalité des partenaires sociaux-économiques du département : Chambre de Commerce de d'Industrie, Chambre des Métiers et de l'Artisanat, CGPME, Agence Economique de la Savoie, Direction Départementale du Travail, organisations syndicales salariales et patronales ... etc.
De son côté, le plan, plus exactement l'absence de plan pour le reclassement des fonctionnaires des Thermes fait lui aussi l'unanimité. Mais une unanimité contre ! Enfin, pour celles et ceux qui se sentent concernés. Car force est de reconnaitre que l'immense majorité de la population aixoise s'en contrefiche totalement.
| POUR EN SAVOIR PLUS SUR CETTE ACTION, VOUS POUVEZ CONTACTER L'ASSOCIATION "SAVOIE SAUVEGARDE" AU 0 800 800 130 |
(1) en tout cas par rapport à l'image, faussée, que l'on se fait généralement du MEDEF