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On le croyait mort et enterré. Que nenni ! Voila que le projet de contournement autoroutier de Chambéry refait surface ces derniers jours. Il est vrai que c'est un animal sournois, qui sait se faire oublier, qui sait œuvrer en silence, pour mieux ressurgir au moment où on s'y attend le moins. A vrai dire, ce n'est pas l'animal en soi qui est sournois, mais plutôt ses maîtres. Des maîtres qui visiblement, entendent bien par tous les moyens arriver à joindre l'inutile au désagréable.
Le projet de contournement autoroutier de Chambéry a été déclaré « projet d'intérêt général » en 2007. Après, comme il est souvent d'usage, une parodie de démocratie, une information des populations réduite à pas grand-chose, et une consultation quasi inexistante.
Officiellement, ce projet vise « à apporter une réponse à la saturation prévisible de la voie rapide urbaine actuelle ainsi qu'aux problèmes de sécurité afférents ». C'est du moins ce qui ressort des conclusions d'un comité interministériel d'aménagement et de développement du territoire de décembre 2003.
Six ans plus tard, la VRU n'a toujours pas atteint sa « saturation prévisible », et elle n'est pas plus accidentogène qu'une autre.
Alors pourquoi ce projet ressurgit-il brusquement aujourd'hui, avec une volonté de le faire avancer à grands pas ? Alors même que parallèlement, les projets d'aménagements ferroviaires peinent eux à avancer d'un demi-pouce !
Où est donc « l'intérêt général » de ce projet ? Alors que l'intérêt général aujourd'hui est certainement plus dans l'arrêt du développement des infrastructures routières et autoroutières, et dans le développement d'axes propres, de réseaux ferrés et de réseaux de transports en commun.
Et que font nos élus ? On se souvient que, du temps où il résidait encore sur La Motte Servolex, Dominique Dord s'était à plusieurs reprises déclaré fortement opposé à ce projet. Depuis qu'il a élu résidence dans son château saintinnois, on ne l'entend plus guère sur le sujet. Faut-il voir un lien de cause à effet entre ce déménagement et ce silence ?
On se souvient aussi, mais peut-être sommes-nous les seuls, qu'à l'occasion de la campagne des municipales 2008, Dominique Dord avait signé la « charte écologique pour la Savoie », dont l'engagement n°7 était on ne peut plus clair : « Pas de nouvelle infrastructure routière ». Ce même engagement précisait expressément le refus des signataires du contournement autoroutier de Chambéry (entre autres).
La signature d'un élu en campagne électorale aurait-elle donc la même valeur « volatile » que les promesses qu'il prodigue à profusion à cette occasion ? A savoir qu'elle n'engage que celui qui la reçoit, et pas celui qui la donne.
On n'ose y croire.
Et on appelle tous les élus qui ont signé cette charte en 2008, à respecter leur signature, à respecter leur engagement, à respecter les citoyens à qui ils ont fait une promesse. Une de plus pourrait-on dire ...
