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Les participants à la réunion publique sur le stationnement, organisée le 4 décembre 2008 par la municipalité aixoise(1), se souviennent peut-être de cette phrase en forme de sentence lancée par Didier Pijolet, commerçant aixois : « No parking, no business ! ».
Autrement dit, pas de stationnement, pas de commerce. Une assertion qu'on a bien du mal à comprendre, tant elle est en contradiction avec ce constat : dans toutes les villes du monde, les artères commerçantes les plus développées et les plus prisées sont des ... rues piétonnes.
Et pas la peine d'aller chercher les exemples aux antipodes. Prenons le cas de Chambéry. Les « anciens » se souviennent sans doute de la levée de bouclier des commerçants contre le passage en voie piétonne de la place Saint-Léger ou de la rue Croix d'Or. Une opposition véhémente, avec notamment ce même « argument » repris par Didier Pijolet (et par les autres commerçants aixois ?) : pas de commerce sans stationnement.
Pourtant aujourd'hui, quel commerçant de ces rues accepteraient de les voir rouvertes à la circulation automobile ? Bien peu, pour ne pas dire aucun, tant il est vrai que le caractère piétonnier est un atout majeur pour le commerce. C'est tellement plus agréable de faire du magasinage(2) sans le bruit ni la pollution des voitures.
Soyons directs : à Aix les Bains, si le chantier de rénovation de la rue de Genève n'a pas été l'occasion de son passage en voie piétonne, c'est par manque de volonté politique. Le même manque de volonté politique qui, dans d'autres registres, fait que les bâtiments publics d'Aix les Bains ne sont toujours pas dotés du moindre cm² de panneaux solaires, ou que la ville n'a construit quasiment aucun logement social pendant les sept années du premier mandat de Dord.
Alors on veut bien qu'il y ait une certaine opposition chez les commerçants. Mais à l'évidence une opposition qu'il est assez facile de contrer, tant les arguments avancés sont fragiles. Encore faudrait-il avoir la volonté de faire cette démonstration. Volonté qui, hélas, n'existe pas. D'ailleurs, la préoccupation du moment de l'adjointe au commerce, Marina Ferrari, ce n'est pas de supprimer les voitures du centre ville, mais d'ajouter à leur pollution sonore celle de haut-parleurs de sonorisation !
Le tout piétonnier fait peur aux commerçants ? Soit. Alors faisons preuve d'un peu d'imagination et de pédagogie. Pourquoi ne pas instituer des restrictions temporaires de circulation ? Par exemple un week-end sur deux, ou tous les week-ends à partir du samedi 14 heures. Ou encore pourquoi pas une semaine par mois. Bref, il y a sûrement moyen d'expérimenter. Pour que chacun, commerçants, résidents du centre ville, habitants des autres quartiers, touristes puisse se faire une opinion et mesurer les avantages et les inconvénients.