L'actualité locale d'Aix les Bains telle que vous ne la verrez nulle part ailleurs, ou presque. Un complément indispensable à la presse papier traditionnelle et aux organes de propagande de la mairie.
Dans le n°122 du journal municipal d'information (appellation officielle souvent bien loin de la vérité), la municipalité aixoise, et principalement son maire Dominique Dord, vice-président de bientôt feu l'EPIC des thermes, s'offre quasiment une pleine page de publicité, en partie mensongère.
On était déjà habitué à des articles visant plus à assurer la promotion de l'équipe dirigeante qu'à informer les citoyens de façon objective. De même que le maire considère que les services municipaux sont « ses » services, il semble aussi considérer que le journal municipal d'information est le sien. Mais avec l'article consacré aux thermes, paru dans le n° d'avril, une nouvelle étape est sans doute franchie.
On peut tout d'abord s'interroger sur l'existence même de cet article. On rappelle en effet qu'au début de cette année, le groupe Aix Avenir avait demandé la convocation d'un conseil municipal consacré au devenir des thermes. Le maire avait alors opposé une fin de non recevoir, arguant que les thermes étaient gérés par l'Etat, et n'étaient donc pas une question municipale.
Une réponse qui n'avait pas manqué d'en souffler plus d'un. Comment peut-on considérer qu'un établissement qui en pleine saison emploie jusqu'à 900 personnes (ce qui en fait quasiment le 1er employeur du secteur), génère des dizaines de milliers de nuitées et apporte quelques millions d'euros d'activité au commerce local(1), n'est pas une question municipale ? C'est en tout cas le point de vue que défendait le député-maire. Sans doute pour éviter d'avoir à répondre publiquement à des questions concernant son rôle au combien prépondérant dans la gestion de l'établissement tout au long de ces dernières années. Années au cours desquelles, malgré les promesses à répétition de Dord, le déclin de l'établissement thermal s'est sans cesse accéléré jusqu'au point de non retour.
On s'explique donc mal qu'une question qui ne serait en rien municipale fasse brusquement l'objet d'un traitement dans le journal d'information ... municipal. Encore une belle illustration du principe de deux poids deux mesures. Il est ici facile de décrypter la stratégie du député-maire : refuser une séance publique pour éviter les questions (et surtout les réponses) embarrassantes, mais se payer un article dans « son » journal, où personne ne peut lui apporter la contradiction. De la haute stratégie politico-communiquante, et un mépris ouvertement affiché pour le débat et la transparence.
Mais venons-en au contenu même de cet article. C'est surtout le premier volet, intitulé « un nouveau statut pour les thermes nationaux » qui mérite l'attention.
L'article parle d'une nouvelle étape importante, comme si ce changement de statut était un succès. Or, il convient de ne pas l'oublier, ce changement de statut n'est en rien un succès : c'est même tout le contraire. Il marque clairement l'échec de la transformation de l'établissement en EPIC. Une transformation voulue, portée par Dord, qui nous la présentait comme salvatrice. Cinq ans plus tard, l'échec est cinglant et incontestable.
On peut par ailleurs lire que la transformation en société anonyme (SA) au 1er juillet prochain se ferait « conformément aux recommandations faites par la Cour des Comptes ». C'est faux ! La transformation en SA n'était qu'une des pistes proposées par l'audit de 2006, repris par la Cour des Comptes. Ce n'était en rien la seule, et on a aucun souvenir d'avoir vu cette instance « recommander » la transformation en SA. Au passage, il est impossible de ne pas relever que l'article du journal municipal ne manque pas d'évoquer le caractère « public » du rapport de la Cour des Comptes. Public certes, mais que la direction des thermes, tout comme la municipalité aixoise se sont bien gardées de diffuser largement.
Enfin, comment ne pas s'étonner que l'Etat soit à même d'apporter les capitaux nécessaires à un redressement, dans le seul et unique but ensuite de céder l'activité à des investisseurs privés ? Si la situation peut être aussi facilement redressée, pourquoi la privatisation serait-elle la seule voie possible pour l'avenir ? L'article de la municipalité se garde bien de poser la question. Car la poser revient à devoir y répondre. Et à répondre en même temps à bien d'autres questions. Comme par exemple que vont devenir les millions investis par les collectivités locales (ville, département) dans la rénovation des thermes publics ?
Voila, c'est ainsi que l'équipe municipale conçoit ce qu'elle appelle un journal municipal d'information. Un journal qui relève bien plus de la promotion (pour ne pas dire de la propagande) et de la désinformation que de l'information objective et complète.
Tout ceci avec de l'argent public. Et même beaucoup d'argent public. 75.000 euros par an au minimum ... sans que ce budget soit assorti d'un maximum !