L'actualité locale d'Aix les Bains telle que vous ne la verrez nulle part ailleurs, ou presque. Un complément indispensable à la presse papier traditionnelle et aux organes de propagande de la mairie.
Le 30 mars dernier, le conseil municipal d'Aix les Bains adoptait une délibération pour le remplacement du parc d'horodateurs de la ville. Une délibération adoptée à la majorité des votants, Thibaut Guigue étant seul à s'abstenir. Mais est-il bien question de seulement remplacer les horodateurs existants ?
C'est en tout cas ce que Marina Ferrari, rapporteuse de ce point, a expliqué à l'assemblée communale. Voici le texte qu'elle a lu lors de la séance du conseil municipal (cliquez sur l'image pour l'agrandir).

On peut notamment y relever cette phrase a priori sans la moindre ambigüité : « Afin de poursuivre les objectifs ci-dessus il est nécessaire de permettre l'acquisition de nouveaux horodateurs pour remplacer le parc existant et remettre en cohérence la zone réglementée. ».
Sauf que la consultation des entreprises se fait sur un tout autre registre. En effet, si l'appel d'offres lancé par la ville porte bien sur le remplacement des 80 horodateurs existants (jusque là tout va bien), il comporte aussi un autre volet : l'ajout de 40 horodateurs supplémentaires. Voila un point qui, à notre connaissance, n'a nullement été exposé aux élus municipaux. Pas plus qu'il n'a fait l'objet d'une communication au public, les informations fournies à la presse par la municipalité n'évoquant pas ce point.
40 horodateurs supplémentaires. Soit 50% de plus qu'à l'heure actuelle. Une telle augmentation interpelle, et on est légitimement en droit de se demander pourquoi les élus municipaux n'en n'ont pas été informés. Tout comme on est en droit de se demander à quoi serviront ces 40 machines supplémentaires : à densifier l'implantation de ces équipements sur les zones déjà payantes, ou bien à équiper des zones actuellement gratuites qui vont devenir payantes ?
Décidément, Monsieur Dord a bien du mal à appliquer dans « sa » ville cette transparence des affaires publiques qu'il réclame de l'Etat lorsqu'il est à Paris.
Cerise sur le gâteau, une partie des nouveaux horodateurs seront alimentés par l'énergie solaire. Un bon point pour la municipalité. Mais un point qui appelle une précision d'importance pour les entreprises désireuses de répondre à l'appel d'offres : « Le dimensionnement des panneaux solaires devra prendre en compte le fait que la Ville se réserve la possibilité d'allonger la durée de stationnement payant jusqu'à 24 heures ».
Et oui, vous avez bien lu, la Ville se réserve la possibilité d'allonger la durée de stationnement payant jusqu'à 24 heures. Du stationnement payant 24 heures sur 24. Ca non plus, on n'a pas le souvenir d'en avoir entendu parler lors du débat au conseil municipal. Une innovation qui, on l'imagine bien, ne pourra pas toucher le stationnement en voirie. Sauf à faire faire les trois huit au personnel chargé du contrôle. Par contre, cette nouvelle politique tarifaire pourrait s'appliquer sans mal à des parkings de surface dont l'entrée et la sortie seraient régulées par des barrières automatiques.
Et, coïncidence troublante, il se trouve que l'appel d'offres lancé par la mairie comporte justement un point qui prévoit la fourniture et la pose de barrières, ainsi que la fourniture et la pose d'horodateurs spéciaux adaptés à la gestion du contrôle des entrées et des sorties, le tout pour des parkings de surface.
Comme le dit si bien Anne Roumanoff, « on ne nous dit pas tout ! ». Loin s'en faut ...
Au regard de ces éléments, on commence à comprendre pourquoi le budget alloué à cette opération est de l'ordre du million d'euros. Un montant qui paraissait démesuré en regard des 535.000 euros du marché passé en 2000 pour les horodateurs actuels. Pour autant que l'on sache, l'inflation cumulée de 2000 à 2009 n'atteint pas les 100% ! Certes, mais l'opération de 2009 va bien au-delà du simple remplacement des matériels mis en place en 2000. Mais pourquoi diable la municipalité ne le dit-elle pas clairement ?