L'actualité locale d'Aix les Bains telle que vous ne la verrez nulle part ailleurs, ou presque. Un complément indispensable à la presse papier traditionnelle et aux organes de propagande de la mairie.
L'association des Amis du Jardin Vagabond a récemment ouvert son site internet. Pour l'instant on n'y trouve pas encore grand-chose, mais le site devrait s'étoffer dans les mois à venir. On profite de cette ouverture pour faire le point sur ce jardin vagabond, dont la genèse et la courte vie regorgent de mensonges, de non dits, et d'opérations de récupération en tout genre.
Rappelons tout d'abord que l'association évoquée ci-dessus gère le jardin vagabond, par délégation de la ville d'Aix les Bains. Une délégation concédée en grande pompe, en présence de la presse : c'est ce qu'on appelle en termes de communication « créer l'évènement ». Etrange cérémonial, quand on sait quelle discrétion entoure d'autres délégations de service public, comme par exemple celle du camping du Sierroz, ou encore celle de Musilac. Il est vrai que, dans le cas du jardin vagabond, il n'y a rien à gagner. Financièrement parlant s'entend.
En page d'accueil du site, on peut lire cette phrase étonnante (partie surlignée en bleu sur la copie d'écran ci-dessous) :

Il convient sans nul doute de rappeler que ce qui a incité la mairie à conserver cette zone en l'état, ce n'est sûrement pas en premier lieu la richesse des espèces. Vous l'avez peut-être oublié(1), mais le projet de la municipalité Dord pour cette zone, c'était l'implantation de ce qui avait été pompeusement baptisé un « parc résidentiel de loisir (PRL) ». En clair des mobil homes haut de gamme destinés à une clientèle touristique aisée.
Un projet que le maire a du abandonner faute d'avoir trouvé un candidat pour le réaliser(2), mais aussi à cause, ou plutôt grâce à l'opposition des riverains de la rue Jules Pin. Ce n'est donc que sous la contrainte que la municipalité s'est résolue à faire autre chose de cette zone. Mais comme chez Dord et Compagnie on ne perd jamais une occasion de tirer la couverture à soi, cette défaite a été transformée par un habile tour de passe-passe en grande initiative de la mairie en faveur de l'environnement.
Et tant qu'à faire, la mairie n'y est pas allée avec le dos de la cuillère. Il faut dire que ce n'est pas dans ses habitudes. Le maire n'a ainsi pas hésité à prédire que ce jardin vagabond était appelé à devenir « un des fleurons du tourisme aixois ». En vous rendant sur place, vous pourrez sans peine constater que soit il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant que ce jardin n'attire les foules en sa qualité de fleuron du tourisme aixois, soit le reste du dit tourisme est tombé bien bas.
Car pour le moment, le jardin vagabond n'est encore qu'un pré où pousse des arbres et des fleurs, et où gambadent et volètent quelques animaux et oiseaux. En gros, exactement la même chose que quelques milliers d'autres prés partout en France. Et exactement la même chose que les terrains de la Crémaillère, en bordure du Bois Vidal, si leur actuel propriétaire ne les laissait à l'abandon le plus total dans l'attente de la très hypothétique réalisation d'un projet immobilier dont personne ne veut.
On souhaite en tout cas à cette nouvelle prophétie dordesque un rien dithyrambique plus de succès que celle qu'il avait faite concernant les Aquascénies, à qui il promettait une destinée et une renommée internationale ! Les quelques spectateurs qui assisteront à l'unique représentation de l'édition 2009 de ce spectacle qui au fil des années se rapproche de plus en plus d'une aimable fête de patronage comprendront mieux que les autres de quoi on veut parler.
C'est peut-être le caractère de grand romantique de Dord qui l'a poussé à cette emphase concernant le jardin vagabond. Que voulez-vous, toutes ces fleurs et ces petits oiseaux, toute cette verte nature, c'est si poétique au milieu du monde de béton qu'il nous fabrique partout ailleurs. Il n'empêche, poétique ou pas, ce n'est pas une raison pour poéter plus haut que ses fesses !
Pour en revenir à la phrase figurant sur la page d'accueil du site internet de l'association, elle contient une autre information qui est elle, hélas, totalement exacte : ce jardin vagabond est effectivement la dernière zone naturelle des rives aixoises du lac ! La faute à qui ? La faute à l'équipe Dord qui a livré ce qui restait des autres zones naturelles au bétonnage d'un projet immobilier déclaré on ne sait comment d'utilité publique(3).
Voila, on souhaite malgré tout longue vie à ce jardin vagabond. Et on souhaite aussi bon courage aux membres de l'association qui en a désormais la responsabilité.
Pour terminer, on vous signale que ce lieu fera partie, pour la seconde année, du programme aixois des Journées Européennes du Patrimoine. Si si, vous avez bien lu ! On ne sait pas ce que nous réserve l'édition 2009, mais on croit pouvoir affirmer sans se tromper qu'il existe bien peu de chances de revoir les visiteurs de 2008. Lesquels se sont tous demandé ce qui pouvait bien motiver l'inscription au programme des Journées Européennes du Patrimoine d'un pré plus ou moins en friche au milieu duquel trônait de ci de là quelques vieilles palettes de récupération ornées (?) de cailloux peints !