L'actualité locale d'Aix les Bains telle que vous ne la verrez nulle part ailleurs, ou presque. Un complément indispensable à la presse papier traditionnelle et aux organes de propagande de la mairie.
Voici le dernier bilan publié de la société du Cercle d'Aix les Bains, qui gère les activités de jeux, de spectacles et de loisirs du casino Grand Cercle, et qui projette d'étendre et de compléter son activité sur les bords du lac.
Une société qui, comme cela a été rappelé lors de la dernière séance du conseil municipal, s'est engagée à réaliser d'ici 2011 pour plus de 2 millions d'euros de travaux de rénovation dans le théâtre. D'après les éléments donnés en réponse par le maire, 1 million aurait déjà été investi. Reste donc 1 autre million à investir.
Dès lors, on peut légitimement se demander pourquoi c'est la ville, donc les contribuables, qui vont devoir payer les 200.000 euros de réaménagement de l'avant-scène du théâtre. Lequel faut-il le rappeler, appartient non pas à la ville, mais bel et bien à la Société du Cercle. « Parce qu'il y a urgence et qu'on en a besoin pour le festival d'opérettes » répond le maire.
Que le besoin de réaménagement existe, soit. Qu'il y ait urgence par contre, on a du mal à le comprendre. L'avant-scène aurait-elle subi de graves dégradations depuis le précédent festival d'opérettes en 2008 ?
En tout état de cause, même si l'on admet l'état d'urgence, on ne voit toujours pas en quoi il justifierait que la collectivité aixoise paie de sa poche des travaux dans un théâtre appartenant à une société privée, qui plus est pour des spectacles également organisés par des prestataires privés !
D'autant que la Société du Cercle, même si elle a très certainement subi une baisse d'activité sur l'exercice 2007/2008, n'est pas exactement « à la rue ». On en veut pour preuve ses 2.161.250 euros (16,25% du chiffre d'affaires) de bénéfice net pour l'exercice 2006/2007
Au pire, si la Société du Cercle ne pouvait engager immédiatement ces travaux, compte tenu des engagements financiers contractés pour son projet des bords du lac, il était simple de passer une convention avec la ville, précisant que celle-ci faisait l'avance des 200.000 euros, et que la Société du Cercle la rembourserait ultérieurement. C'eut été simple, et en même temps bien plus net.
Mais finalement, ce que nous explique le maire, c'est que si la ville finance ces 200.000 euros de travaux en lieu et place de la Société du Cercle, c'est parce qu'elle le vaut bien ! D'où le petit montage photo ci-contre, sans doute irrespectueux, mais sans la moindre méchanceté.
Et pourquoi le vaut-elle bien ? Les arguments avancés par le maire ne manquent pas de poids. D'abord c'est une société privée certes, mais locale, avec des actionnaires locaux, dont au premier rang la ville elle-même, donc ses contribuables. Ensuite parce que la taxation assez lourde mise en place par la ville sur les produits des jeux lui rapporte à la ville de 4 à 5 millions d'euros par an : une somme très conséquente (environ 10% des recettes de fonctionnement du budget de la ville). Enfin conclut-il, c'est une société qui va investir des sommes considérables (11 millions d'euros) dans la construction de son nouveau complexe de loisirs au bord du lac, avec à la clé autant de travaux à réaliser par les entreprises locales(1), et plusieurs emplois permanents et saisonniers.
Accessoirement, on ajoutera pour notre part que le dit investissement permettra enfin aux aixois d'avoir leur bowling, promis pour l'été 2005, et jamais réalisé par le groupe ICADE.
Bref, pour le maire, même si la situation juridique de la ville actionnaire de la Société du Cercle n'est pas très « nette » (il réfute le terme « de situation illégale »), même si effectivement la ville va financer des travaux dans un bâtiment qui ne lui appartient pas, tout ceci va tout de même dans le sens de l'intérêt de la ville et de ses habitants.
Et ceux qui cherchent des noises à toutes ces opérations, si tant est qu'ils soient aixois, ne font rien d'autre que de se tirer une balle dans le pied. Cette dernière formulation relevant de notre propre interprétation des propos du maire, que l'on vous invite à écouter sur le site d'Aix Avenir (
http://aixavenir.free.fr/nv/html/conseils/20090602/20090602ARTICLE19.mp3).
Alors, faut-il faire du formalisme juridico-administratif, ou bien au contraire laisser passer quelques imperfections ? On laisse chacun juger en son âme et conscience. Pour ce qui nous concerne, dans le cas présent, et tant que les imperfections en question ne dissimulent rien d'autre, on ne voit pas grand chose à redire ... mais on peut aussi se tromper !