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« Ce n'est pas de ma faute si les toilettes publiques(1) aixoises sont sales ! Elles sont nettoyées deux fois par jour, mais si un saligaud passe tout de suite après leur nettoyage, on n'y peut rien ! ». C'est en substance la réponse que fait le maire d'Aix les Bains aux personnes qui l'interpellent sur le mauvais état général des quelques toilettes publiques de la ville.
Vous noterez au passage que si l'incivisme de certains est effectivement responsable de la saleté des lieux, leur mauvais état (peintures écaillées, abords peu ou pas entretenus, fuites ... etc) ne doit rien à l'incivisme des utilisateurs.
Nous vous avons parlé il y a quelques jours des parcs publics de la ville de Strasbourg (lire par ailleurs
30/06 - UN PEU D'IMAGINATION ...). Or, un autre point remarquable de cette ville, ce sont ses toilettes publiques. Nombreuses, parfaitement entretenues, et d'une propreté irréprochable (voir photos ci-dessous).
Les habitants de cette ville et ses visiteurs seraient-ils tous dotés d'un sens civique qui nous fait défaut à nous aixois, ainsi qu'à nos touristes ? Il est peu probable que l'explication soit à chercher de ce côté. Mais sans doute plutôt du côté de la volonté de la municipalité strasbourgeoise d'offrir à ses habitants et à ses visiteurs ce « petit » service. « Petit » mais qui marque à lui seul le sens de l'accueil de la ville.
Car si les toilettes publiques strasbourgeoises sont si agréables, c'est non seulement parce qu'elles sont entretenues, mais aussi parce qu'elles sont nettoyées tout au long de la journée par des personnes « à demeure ».
Evidemment, cela à un coût, c'est évident. Car il faut payer les personnes en question. Mais ce n'est qu'une question de choix. La municipalité décidé en mars dernier de payer 200.000 euros de travaux dans le théâtre du casino. 200.000 euros dont le paiement aurait du être à la charge de la SA Grand Cercle, propriétaire et exploitante des lieux. Auparavant, elle avait aussi accordé 463.500 euros de remise à un promoteur immobilier sur la cession d'un droit à construire(2). On pourrait aussi parler des 75.000 euros annuels consacrés à la conception(3) du très inutile journal municipal d'information. Etc.
Bref, quand il s'agit d'accorder des remises à des promoteurs immobiliers ou d'assurer sa propre propagande, la municipalité trouve toujours les ressources financières suffisantes. Alors pourquoi ne pas réaffecter tout ou partie de ces ressources pour financer de vraies toilettes publiques ?
Quelques photos des toilettes du parc de l'Orangerie à Strasbourg. Celles du reste de la ville sont à l'avenant.
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