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L'année même ou l'université de Savoie fête ses trente ans, une question se pose : est-elle oui ou non soluble dans le plan gouvernemental de réforme des universités ? Il semblerait bien que la réponse soit ... oui !
Car le gouvernement UMP et son chef bien-aimé (alias Nico les Talonnettes) ont des rêves de grandeur pour les universités françaises, qu'ils veulent voir rayonner à l'international. Une des conditions de survie des dites universités est donc(1) leur taille. En dessous de 15.000 étudiants, point de salut.
Et voila donc l'université de Savoie condamnée à disparaître ou à être absorbée, faute de réponde à ce critères. Car même en gonflant artificiellement les chiffres, on est bien loin des 15.000.
Vous noterez au passage que ce critère, arbitraire, est aussi purement quantitatif, et en aucune façon qualitatif. Notre bon gouvernement UMP préfèrerait-il des grandes universités qui dispensent un enseignement de piètre qualité à des petites dispensant un bon enseignement ? En tout cas, le critère purement quantitatif est là. Pour le qualitatif, on attend encore.
Même si ce n'est pas encore clairement dit (en tout cas publiquement), l'absorption de l'université de Savoie par celles de Grenoble(2) semble être bel et bien sur les rails. Une intégration qui fait un peu grincer des dents en Savoie et en Haute-Savoie(3), mais qui réjouit plutôt du côté de l'Isère. Les Grenoblois y voit une occasion de venger l'affront qui leur a été fait lorsque Chambéry a été retenu pour accueillir l'Institut de la Montagne. Une « défaite » toujours pas digérée, mais, c'est bien connu, la vengeance est un plat qui se mange froid.
Et puis, certaines composantes de l'université de Savoie suscitent des convoitises. Comme par exemple le Laboratoire d'Annecy-le-Vieux de Physique des Particules (LAPP). Une composante mixte commune à l'université savoyarde et au CNRS. Un laboratoire de pointe, qui rapporte gros, et que les isérois ne seraient sans doute pas fâchés de voir tomber dans leur escarcelle.
On peut tout de même s'interroger sur le sens (le bon sens ?) qu'il y aurait à faire gérer des composantes universitaires savoyardes et hautes-savoyardes par une administration centrale grenobloise. La distance géographique, mais aussi la rivalité de clocher bien connue ne plaident pas vraiment en faveur d'une telle solution. Surtout quand on sait que déjà aujourd'hui, les composantes hautes-savoyardes font déjà un peu bande à part, la rivalité entre la basse et la iaute Savoie n'y étant sans doute pas pour rien.
Et on ne vous parle pas des IUT (un à Chambéry, un à Annecy), qui sont déjà des institutions dans l'institution. Avec à leurs têtes des directions fortes, qui peuvent compter sur l'appui des entreprises locales pour asseoir leur indépendance, notamment financière. Des IUT qui n'écoutent déjà pas trop la présidence savoyarde, et qui fonctionnent en électrons libres avec leurs propres projets, leurs propres objectifs, leurs propres moyens, leurs propres services de communication ... etc. On les imagine mal demain devoir rendre des comptes ou suivre des directives venues de la « lointaine » capitale iséroise.
Alors, soluble ou pas dans le plan gouvernemental de réforme ? D'un point de vue technocratique, la réponse est bel et bien oui. Du point de vue du bon sens, la réponse semble franchement être non. Il est vrai que technocratie et bon sens font rarement bon ménage.
Voila en tout cas un sujet qui devrait intéresser au plus haut point les trois députés savoyards et leurs cinq homologues hauts-savoyards. Etant tous du même bord (UMP), ils n'auront aucun mal à parler d'une seule voix. Et ils trouvent là un terrain favorable pour illustrer par l'exemple l'intérêt (revendiqué par les cumulards mais non démontré pour la collectivité) de cumuler des mandats locaux et nationaux (c'est le cas de nos trois élus savoyards).
Puisqu'il parait que ce cumul n'offre que des avantages(4), voila donc l'occasion rêvée d'en apporter la preuve. OU de démontrer le contraire ! Réponse dans quelques années ...