Avez-vous déjà assisté à une séance du conseil municipal aixois ? Non ? Vous devriez, c'est très instructif !
Vous pourriez par exemple constater de visu au combien les élus de la majorité s'investissent pour vous représenter au sein de l'assemblée municipale. Et oui, il semble nécessaire de le rappeler, mais la fonction d'un élu c'est bel et bien de représenter les électeurs. Et de préférence tous les électeurs, pas uniquement ceux ayant voté pour lui.
A Aix les Bains, cette représentation s'effectue par le biais d'une présence
(1) docile et surtout ... muette ! Hormis lorsqu'ils sont rapporteurs d'un point de l'ordre du jour, les conseillers municipaux "de base" de la majorité ne disent en effet jamais rien en séance du conseil. I
l faut dire qu'ils ont été "cadrés" quelques jours avant le conseil par le staff de la majorité, au cours d'une réunion privée à huis clos, qui évite ainsi à la majorité de débattre des affaires publiques ... en public ! Vous pourriez également y constater que la notion de "débat" est assez limitée au sein du conseil aixois. Comme on l'a déjà vu, les conseillers municipaux de la majorité sont quasiment exclus des débats, puisqu'ils ne disent jamais rien. Seuls le maire et quelques autres élus de "haut rang" ont voix au chapitre.
Quant aux élus des minorités ...
Et bien il leur arrive parfois de se faire proprement priver de leur droit de parole. Exemple parrmi d'autres, lors du conseil municipal du 6 juillet, sur la question du projet de partenariat public privé (PPP) relatif à l'éclairage public, Christian Serra (Aix Avenir), qui redemandait la parole, s'est vu rétorqué par le maire que "
ça suffit comme ça !".
Et oui, ça se passe comme ça chez Mac Dordnald ! Il faut dire que la municipalité a le chic pour pondre un ordre du jour très chargé, et pour ensuite s'en servir de prétexte pour "presser le pas". Autrement dit pour abréger les débats sur des points qui mériteraient pourtant que les élus s'y attardent un peu plus que dix minutes. Le projet de partenariat public privé (PPP) relatif à l'éclairage public étant un excellent exemple.
Voila un contrat de partenariat qui va engager la ville pour 15 ans à hauteur de plusieurs dizaines de millions d'euros, sur lequel les conseillers de la majorité n'ont rien à dire et auquel le maire ne juge pas utile de consacrer plus de temps qu'une poignée de minutes, et qui estime que les élus des minorités en ont "assez dit comme ça". Mais ce n'est pas tout. Non content d'expédier au pas de charge un ordre du jour qu'il a lui-même surchargé, le maire, qui a seul la direction de la séance, a une notion très à lui du sens du mot "débat".
Pour le commun des mortels, un débat c'est une discussion sur un thème donné entre des personnes, généralement d'opinions différentes. Un thème donné, d'accord. Dans le cas du conseil municipal, c'est le point de l'ordre du jour. Des personnes, d'accord aussi. En l'occurrence ce sont les élus des minorités, le maire et ses adjoints proches. On regrettera juste, une fois plus, que les conseillers municipaux de la majorité se croient interdits de parole et se contentent de se taire. Des personnes d'opinions différentes, c'est généralement le cas, mais pas toujours. Mais iaprès tout, l n'est pas indispensable de ne pas avoir le même avis pour débattre : on peut avoir des points de vue qui se rejoignent tout en ayant chacun ses propres idées.
Reste la discussion. Et, vous l'aurez compris, c'est là que les choses se gâtent. Habituellement, dans une discussion, une personne prend la parole, expose son point de vue, pose une question, éventuellement deux. Puis une ou plusieurs autres personnes prennent la parole, répondent à la question posée, argumentent. Et l'intervenant initial peut ensuite reprendre la parole pour compléter son propos, à la lumière des réponses apportées, et le cas échéant poser de nouvelles questions.
Bref, dans une discussion, on discute ! 
Au conseil municipal aixois, il en va autrement. Les élus sont tout d'abord priés (sommés ?) de poser toutes leurs questions, à la queue leu leu. S'ensuivent les réponses du maire et/ou de ses proches adjoints, parfois ponctuées d'appels au secours aux agents municipaux. Et c'est fini ! Point barre. Trève de discussion, passons au vote.
Ajoutez à cela que la prise de parole du maire se transforme souvent en une grande envolée lyrique en forme de soliloque, parfois sans grand rapport avec les questions posées, et vous aurez compris que le débat public, libre et approfondi, n'a pas sa place dans la salle de la mairie de la cité ex-thermale.
Non, il y est juste question d'assurer un faux-semblant de débat démocratique. Mais en réalité, tout est déjà "débattu" à l'avance (toujours ces fameuses réunions de la majorité à huis clos). Et le droit d'expression des élus est réduit à sa portion congrue. D'un côté ceux de la majorité la ferme bien docilement. De l'autre ceux des minorités en sont réduits à jouer les "mitraillettes à questions", avant d'écouter le maire soliloquer et clore le "débat" en deux temps trois mouvements avant même que celui-ci ait eu le temps de s'instaurer.
Peut-être imaginez-vous qu'il en est ainsi partout ailleurs ... Si tel est le cas, détrompez-vous ! Sans porter le moins du monde aux nues notre voisine chambérienne, force est quand même de reconnaitre que les débats du conseil y ont une autre allure. (pas toujours, mais souvent) Si vous n'avez pas l'occasion de vous y rendre, vous pouvez déjà jeter un oeil sur les comptes-rendus écrits des débats, disponibles en ligne sur le site de la ville. Et si vous espérez que ça change à Aix les Bains, mieux vaut prendre votre mal en patience : ce n'est pas pour demain !
(1) A l'exception notoire d'un certain Pierre-Antoine Missud, élu de la majorité abonné aux ... abonnés absents.