A vrai dire, ça ne fait pas grand-chose à se mettre sous la dent.
A Aix les Bains, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées !
En voila un joli slogan qu'une liste électorale aurait pu reprendre à son compte. Certes, c'eut été un peu du réchauffé. Et faire du réchauffé en matière d'environnement, ce n'est pas forcément très vendeur en cette période de réchauffement climatique.
Et puis pas si sûr que tout le monde, parmi les listes en présence, ait vraiment des idées. Si ce n'est celle de se faire élire. En tout cas certains candidats, élus depuis, ont montré qu'ils avaient certes des idées, mais qu'ils n'étaient pas forcément prêts à se battre pour les défendre. Et en écrivant ceci, on pense notamment aux élus d'Aix Elan, qui prétendent réclamer l'instauration légale d'un règlement intérieur, mais qui s'écrasent dès qu'un débat (?) s'engage sur la question.
Pas de pétrole à Aix les Bains. Pas de gaz non plus. Encore qu'il semble y avoir un peu d'eau dans le gaz entre certains élus de la majorité.
Non, nos ressources naturelles, ce sont l'eau et les espaces verts. Le foncier si vous préférez.
Aix n'a à ce jour pas de problème d'eau potable. Il n'en demeure pas moins que le lac, et surtout un certain nombre de rivières du bassin sont polluées. Des actions sont en cours, mais il conviendrait sans doute de les dynamiser un peu.
Par ailleurs, il paraitrait que le réseau de distribution de l'eau potable aurait été grandement amélioré grâce à des investissements importants. Autrement dit, on aurait fortement réduit les pertes dues aux très nombreuses fuites. Seulement voila, vu le peu de constance des chiffres annoncés par Dominique Dord dans ce domaine, on peut avoir quelques doutes sur la réalité de cette réduction.
La récente mise en place d'une convention avec la SEAB pour que cette dernière commercialise de l'eau de source puisée à Mémard s'est faite sans souci de l'intérêt collectif. Dans la pratique, il s'agit d'une véritable privatisation de cette ressource naturelle qu'est l'eau du puits de Mémard. Une privatisation qui, sur le modèle de ce que font à l'échelle mondiale des géants comme Nestlé ou Coca-Cola, se fait au profit des seuls intérêts de sociétés privées.
Quant aux espaces verts, Aix les Bains n'en compte plus guère. Trois au total : la forêt de Corsuet, le bois Vidal et les terrains attenant, et les terrains non encore bâtis des bords du lac.
Les terrains a proximité de Mémard, un temps promis à l'urbanisation, vont finalement être préservés. Leurs voisins situés entre l'esplanade et le boulevard Garibaldi n'ont pas cette chance : le projet de la ZAC des Bords du Lac prévoit leur urbanisation intégrale.
Le bois Vidal pour sa part ne devrait pas être touché, tout comme la forêt de Corsuet. Exception faite des grands prés (30 hectares !) qui bordent le bois Vidal au nord. Vendus à une société privée, ces terrains verront peut-être un jour naître un projet immobilier dont Aix les Bains a peut-être besoin, mais pas à cet emplacement ni dans les mains d'un groupe privé.
Tel qu'il est aujourd'hui pensé, ce projet cumule deux inconvénients majeurs : faire disparaître un des derniers grands espaces verts naturels de la commune, et venir concurrencer directement le développement des Thermes Nationaux (qui n'ont vraiment pas besoin de cela).
Une fois de plus, qu'il s'agisse de la ZAC des Bords du Lac ou du projet de La Crémaillère, on méprise totalement l'intérêt collectif, au profit de seuls intérêts privés.
La ville n'a plus aujourd'hui de réserves foncières. Autrement dit, impossible de recréer sur la ville une activité agricole de proximité, propre à assurer au moins en partie notre approvisionnement. Ce qui constitue pourtant un maillon essentiel. A la fois pour l'aspect local (réduction des nuisances générées par le transport), et pour l'aspect environnemental (la ville peut édicter une réglementation interdisant le recours aux pesticides et aux engrais chimiques sur son territoire).
C'est sans doute dans le domaine des transports qu'Aix les Bains s'en sort le moins mal. Mais avec un tel retard sur ses voisines savoyardes qu'on se demande si on arrivera à le rattraper un jour.
Aix a enfin quelques kilomètres de bandes et de pistes cyclables. Ce n'est déjà pas si mal, même s'il reste encore beaucoup à faire. Mais Aix devra encore attendre un peu pour avoir sa vélostation. Chambéry a la sienne depuis plus de sept ans, et commence à essaimer un peu partout en ville de petits garages à vélos annexes.
Le "nouveau" réseau de transports en commun, fortement critiquable à plus d'un égard, essaye quand même d'améliorer les choses. Mais voila encore un dossier dans lequel a été démontré le manque de concertation qui prévaut dans les actions municipales. Un dossier dans lequel l'action et la communication l'ont emporté sur la réflexion.
Une réflexion et une vision globale qui semble souvent faire défaut à Aix les Bains. On le voit notamment en matière d'aménagement du territoire.
Au lieu de jouer la carte de la mixité entre les habitations et les activités professionnelles au sein des zones aménagées, on continue de construire des zones bien séparées. Les unes dédiées aux entreprises (Savoie Hexapôle) et les autres à l'habitat (ZAC des Bords du Lac par exemple).
Une séparation qui par voie de conséquence directe entraine des besoins de déplacements. Lesquels pourraient être réduits si on aménageait sur un même secteur à la fois des zones d'habitations et des zones d'activités. Sans parler des commerces. Prenez par exemple le cas de la ZAC des Bords du Lac : 800 logements prévus à l'origine ... et pas un seul commerce !
Voila, on pourrait dire encore bien des choses en somme, mais dans le fond à quoi bon.
Les électeurs aixois ont choisi de reconduire à la tête de la ville pour encore cinq années, un maire dont on sait parfaitement que l'environnement ne figure pas au rang de ses priorités. Ce qui l'intéresse, c'est le développement, la croissance.
Dans quel but ? Aucun en particulier, c'est une position purement dogmatique.
Et tant pis si ce dogme conduit à hypothéquer l'avenir. Et tant pis s'il conduit à des idées aussi stupides et ineptes que celle qui consiste à aménager des logements de luxe au bord de notre lac dans l'espoir (sic) d'y attirer des travailleurs frontaliers de la Suisse !