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« Si vous ne cumulez pas les mandats, vous ne pouvez pas être au fait de tout ». C'est ce que déclare Dominique Dord dans une interview à l'Hebdo des Savoie (édition du 26 mars, page 5). Il est vrai qu'en matière de cumul de mandats et de fonctions, le député-maire aixois, président de la CALB, et de plein d'autres choses, en connait un rayon.
Faut-il pour autant accord du crédit à cet avis de « spécialiste » de la question ?
C'est un peu difficile. D'abord parce qu'il est juge et partie, ce qui n'est jamais bon.
Ensuite parce que les « arguments » exposés par Dord à l'appui de cette affirmation semblent bien peu solides. Par exemple quand il explique que pendant qu'il est à Paris (le mardi et le mercredi) pour ses fonctions à l'Assemblée Nationale, il continue de gérer les affaires aixoises en étant en relation permanente par téléphone et par internet.
On imagine mal un député, quel qu'il soit, traiter par téléphone ou par internet des affaires de sa commune tout en siégeant à une séance de l'assemblée, ou en participant à une réunion de commission. Ou alors c'est qu'il fait bien peu de cas des affaires nationales dont il est censé s'occuper pendant ce temps !
Il faut en tout cas espérer que notre belle jeunesse ne s'avisera pas de lire cette interview de Dominique Dord. Sinon, ça risque de grincer des dents dans les établissements scolaires, quand les élèves expliqueront à leurs professeurs qu'ils peuvent en même temps suivre le cours et téléphoner à un copain tout en surfant sur internet pour savoir où sortir ce week-end !
Quant à l'affirmation de Dominique Dord, il convient sans doute de la rapprocher d'une déclaration antérieure (mais toute récente), faite par ses « collègues » de la CALB : « Il est trop souvent absent, et il ne connaît pas les dossiers(1) ». C'est ce qui s'appelle être descendu en plein vol. Ou encore pulvérisé par les faits.
Mais hélas, le non cumul des mandats, c'est comme le scrutin proportionnel : cela va à l'encontre des intérêts partisans des deux grandes tendances politiques qui se partagent le pouvoir depuis 30 ans en France, à savoir l'UMP(2) à droite et le PS à gauche. Et ces deux là ne sont pas prêts de lâcher le morceau : la défense de leurs intérêts partisans passe sur ce point bien avant la défense de l'intérêt général.
(2) Et ses prédécesseurs. Autres noms, mais même parti.