On l'a appris par voie de presse électronique(1) la semaine dernière : le groupe Meunier, qui avait obtenu le 10 octobre 2007 un permis de construire sur les terrains de la Crémaillère, a annoncé l'abandon de son projet. Huit ans après l'annonce triomphante faite par Dominique Dord au conseil municipal de décembre 2001, nous voila donc revenu au point de départ. Ce soir, lors de la séance du conseil municipal, le maire fera-t-il montre de la même emphase et du même enthousiasme qu'en 2001 pour annoncer cette bonne nouvelle aux élus ?
On peut en douter. A vrai dire, il est même probable qu'il n'en touche simplement pas un mot. On se souvient par exemple qu'en 2007, il s'était bien gardé d'annoncer à qui que ce soit que le groupe ICADE CAPRI avait fait une demande d'annulation de son permis de construire pour le projet de bowling des bords du lac. Il faut dire que cette demande était parvenue en mairie en pleine campagne pour les élections législatives, et que l'annonce de l'abandon du projet aurait fait désordre dans la campagne du député-maire, artisan du prétendu renouveau aixois. Par une bien étrange coïncidence (qui n'en était sûrement pas une), Dominique Dord avait d'ailleurs attendu le lendemain de sa réélection pour signer l'arrêté d'annulation du permis de construire. Sans pour autant en toucher mot à qui que ce soit.
Pourtant dans l'immédiat, c'est vraiment une bonne nouvelle, ce coup d'arrêt au projet de la Crémaillère. Car l'abandon du projet par le groupe Meunier signifie que pendant quelques temps encore, les aixois, les curistes et les touristes vont pouvoir profiter de cet ilôt de verdure à deux pas du coeur d'Aix les Bains. Reste à espérer qu'il ne se trouvera pas rapidement un autre promoteur pour reprendre l'idée au vol. A moins que les propriétaires actuels du terrain ne préfère attendre sagement et tranquillement un changement du PLU, qui les libérerait de toute contrainte quant à la nature du projet immobilier pouvant être réalisé. Une aubaine qui, si elle venait à survenir, leur permettrait à coup sûr de "faire la bascule", autrement d'engranger un bénéfice exorbitant sur la revente du terrain. Mais nous n'en sommes pas là.
A la réflexion, il est en fait inexact d'écrire que nous voila revenu au point de départ. Car dans cette histoire cousue de fil blanc et montée de toutes pièces par Dominique Dord et ses petites mains, la ville a perdu un magnifique terrain, cédé pour 15 petits euros du m². Elle a aussi racheté l'ancien Institut Zander, dans l'état où elle l'avait vendu quelques années plus tôt. Mais en le rachetant pour cinq fois son prix de vente antérieur. Cerise sur le gâteau : la salle des fêtes qui devait y prendre place, et qui "justifiait" ce rachat par la ville, n'y existe toujours pas (elle n'existe d'ailleurs nulle part ailleurs non plus).
Quels étaient donc les termes employés par Monsieur Dord pendant la campagne des municipales 2008 pour qualifier son premier mandat ? Ah oui, un parcours de gestion exceptionnel ! Exceptionnel ? Ben oui, comme par exemple vendre un magnifique terrain à un prix dérisoire tout en rachetant un bâtiment pour cinq fois son prix et sans y réaliser l'équipement public motivant ce rachat ...
(1) Source : Le Journal d'Aix les Bains