L'actualité locale d'Aix les Bains telle que vous ne la verrez nulle part ailleurs, ou presque. Un complément indispensable à la presse papier traditionnelle et aux organes de propagande de la mairie.
Avertissement : attention, les apparence sont trompeuses ! Si à première vue cet article semble parler de chasse, en réalité il y est beaucoup question de pêche ... aux voix !
Voici venir l’automne. Ses feuilles mortes qui tourbillonnent au vent et qu’il va bien falloir ramasser à la pelle. Ses premiers brouillards. Ses champignons qui réjouissent nos papilles et embaument nos bois. Et ses chasseurs qui les égaient.
Oui, vous avez bien lu, on trouve que les chasseurs égaient nos bois. Sans être des fanas du dégommage au calibre 12 des bêtes à poils ou à plumes de nos forêts, on ne peut s’empêcher de trouver fortement risible, donc égayant, le spectacle d’individus armés jusqu’aux dents, accoutrés de tenues de camouflage dernier cri genre « campagne d’Afghanistan », mais étrangement surmontées de gilets orange fluo visibles à des kilomètres même par une nuit de brouillard, ce qui annihile quelque peu l’effet « camouflage ».
On reconnait cependant volontiers que le côté égayant de la chose prend une toute autre dimension si on l'observe du point de vue du lapin de garenne, du faisan, ou du sanglier.
Il est vrai que le port du gilet fluo est une sage précaution, certains chatouilleux de la gâchette ayant tendance à faire feu un peu trop instinctivement au moins bruit « suspect », sans prendre le temps de chercher à identifier si la source du bruit est un « redoutable » lapin de garenne ou bien un collègue venu s’enquérir d’un solide coup de rouge pour se réchauffer les artères et s’éclaircir la vue.
Bref, qui dit chasseur, dit en principe gibier. En principe car il arrive parfois que le chasseur, enragé de rentrer bredouille, reporte ses envies « lapinicides » sur ce qui lui passe sous la main : rapaces, vététistes ou encore panneaux de signalisation routière. Ces derniers ayant souvent la préférence car ils ont le triple avantage d’être immobiles, de couleur vive, et tirable depuis la vitre du 4x4 !
Et qui dit gibier dit … marinade. Nous y voila donc. Sauf que ce n’est pas de ce genre de marinade, ni de ce genre de cuisine dont nous allons vous parler dans les lignes qui suivent. Il y sera plutôt question de cuisine électorale. Quant aux « marinades TM », il s’agit de l’appellation que nous avons choisi de donner aux déclarations de la présidente du Modem de Savoie, ci-devant adjointe au maire d’Aix les Bains. Vous aurez sans doute reconnu dans cette description Marina Ferrari.
Son patron de député-maire y étant allé de sa rencontre avec la presse locale pour sa rentrée politique, l’élue Modem ne pouvait être en reste et s’est donc elle aussi épanchée auprès des journalistes. Sans vous narrer dans le détail tout l’interview, on tenait quand même à vous faire part de quelques extraits.
Avec un détail amusant en préambule : l’article commence comme une petite annonce matrimoniale : « Conseillère municipale d’Aix les Bains, 35 ans, président du Mouvement Démocrate en Savoie depuis un an ». On s’attend vraiment à une suite dans le style « aimant le pouvoir, le point de croix … cherche électeurs désespérément ! ».
Mais la suite est d’une toute autre étoffe. S’étonnant de la situation de Patrick Mignola, vice-président MoDem du Conseil Général (UMP) de la Savoie, le journaliste se voit rétorquer par Marina Ferrari « Est-ce qu’une vice-présidence vous oblige à adopter systématiquement la position d’une majorité ? Un vice-président est-il à pour gérer les dossiers qui lui sont confiés, ou pour être au sein d’une majorité ? ».
Question à laquelle Marina Ferrari, d’évidence, répond qu’il est là pour gérer les dossiers. Une réponse qui lui permet d’être à l’aise dans ses baskets avec le fait que des élus Modem soient partie prenante dans des majorités UMP tout en ayant dénoncé en 2007 l’accord de l’UPS (Union Pour Sauver nos Sièges, pardon, Union Pour la Savoie) avec l’UMP.
On peut donc déduire, en toute logique, que ce qui est valable pour un vice-président Modem du CG73, l‘est aussi pour une adjointe Modem du maire UMP d’Aix les Bains. Elle est là pour gérer les dossiers qui lui sont confiés, et pas simplement pour être au sein d’une majorité, dont elle approuverait sans broncher toutes les décisions.
Or, depuis 18 mois que les deux élus du Modem aixois siègent au sein de la majorité de Dominique Dord, on observe qu’à une seule exception près(1), ils ont systématiquement voté favorablement toutes les délibérations mises au vote.
Et puisque, comme elle nous l’explique, les élus Modem ne sont pas là pour jouer les potiches de la majorité UMP, s’ils ont voté favorablement la quasi-totalité des délibérations, c’est qu’ils étaient pleinement d’accord avec leurs termes.
Pour ne citer que quelques exemples récents, on peut donc affirmer sans crainte de se tromper que les élus Modem d’Aix les Bains sont pleinement d’accord avec :
- les augmentations de 8,8% et 41% appliquées à la rentrée aux tarifs des restaurants scolaires, sous couvert d'introduction de tarifs modulés en fonction du quotient familial
- la présentation de comptes administratifs incomplets ne justifiant pas l’ensemble des dépenses et des recettes publiques
- le financement par la ville de travaux réalisés dans un bâtiment appartenant à une société privée
- le subventionnement à hauteur de plusieurs centaines de milliers d’euros, hors de tout cadre juridique connu, d’une société privé organisatrice d’un festival de musique
- la privatisation de l’éclairage public de la ville, sous prétexte d’un « projet » aux contours incertains, à peine moins flous qu’une photo de David Hamilton
- … etc.
En marge de cela, Marina Ferrari déclare « ne plus s’intéresser aux étiquettes ». Et ne verrait aucune incompatibilité, dans la perspective des élections régionales de 2010, à être à la fois élue municipale dans une majorité UMP et partie prenante dans l’exécutif de gauche de la Région.
Quelle souplesse ! Ca c’est du grand écart électoral ou on ne s’y connaît pas. Et aussi une sacrée cuisine électorale. Il est vrai qu’après sa tôle des européennes, le Modem ne tient pas vraiment la corde, et n’hésite donc pas à ratisser large pour essayer d’avoir des élus. Rien de nouveau en fait : lors des municipales de 2008, l’objectif du Modem de Savoie était déjà le même : avoir des élus, quel que soit le prix à payer et les alliances à faire.
Aussi, quand on entend à nouveau Marina Ferrari parler de « projets communs » avec ses (peut-être) futurs alliés électoraux, on imagine sans mal la nature des projets en question : avoir des élus dans une majorité.
Et peu importe de quel bord sera cette majorité, ni quelle sera sa politique.
Pour terminer ce petit tour d'horizon, Marina Ferrari nous dit aimer l’expression de Jean-François Kahn selon laquelle « le Modem ce n’est ni à droite ni à gauche, c’est en avant ! ». Expression qu’il convient sans doute de réviser. En lieu et place de « en avant », il serait plus juste d’écrire « en arrière, à la traîne de tout parti qui lui permettra d’obtenir des élus ».