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Au mois de juillet dernier, le gouvernement examinait en séance du Conseil des Ministres un projet de loi visant à transformer la Poste en société anonyme. Objectif officiel : permettre à la Poste d’affronter la concurrence dans un secteur libéralisé.
Pour le gouvernement, et très certainement également pour les majorités UMP du Sénat et de l’Assemblée Nationale, ce changement de statut n’est qu’un changement de statut. Rien d’autre, et sûrement pas le premier pas vers une privatisation.
Un point de vue que nombre de partis politiques de gauche, de syndicats et d’associations sont loin de partager. Pour eux, pas de doute : la transformation de la Poste en société anonyme détenue à 100% par l’Etat n’est que le prélude à une future privatisation. Christine Lagarde, Ministre de l’Economie aura beau s’époumoner à crier que « c’est clair, c’est simple, c’est net, il n’y aura pas de privatisation », le message aura bien du mal à passer. Les exemples passés d’EDF-GDF et de France Télécom sont là pour rappeler à celles et ceux qui auraient la mémoire courte que ces deux sociétés publiques ne devaient pas elles non plus être privatisées (lire à ce sujet
l’article de nos confrères du P’tit Démocrate de Chambéry).
Regroupé en un comité national contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal, partis, syndicats et associations appellent les français à s’opposer à cette privatisation, et demandent au gouvernement d’organiser un référendum sur le sujet.
Le comité est allé jusqu’à organiser sa propre consultation populaire, avec un vote qui se tiendra demain 3 octobre en plusieurs points du pays (
voir le site internet du comité).
Ce dernier point excepté, la privatisation de la Poste devrait très certainement rappeler quelque chose aux aixois. En l’occurrence une autre privatisation, plus locale. On veut bien évidemment parler de celle des thermes nationaux.
Des thermes qui sous l’impulsion et par la volonté du député-maire de la ville Dominique Dord, ont eux aussi commencé leur chemin vers la privatisation par un « simple changement de statut » (la transformation en EPIC). Un simple changement dont la raison d’être était, parait-il, de donner les moyens à l’établissement de faire face à la concurrence. Ca ne vous rappelle rien ?
Autre point commun, l’instigateur de ce changement clamait haut et fort que jamais au grand jamais il n’était ni ne serait question de privatiser l’établissement.
Puis est venu un second changement de statut. Pas encore acté dans les faits, en raison d’un retard purement administratif dans les services ministériels. Mais déjà acté dans la pratique : la transformation de l’EPIC en société anonyme détenue à 100% par l’Etat. Etonnant similitude non ? A ceci près que pour ce qui concerne les thermes, l’Etat ne cache pas sa volonté de céder l’établissement au privé à l’issue d’une période de redressement financier. Un certain Monsieur Dord nous avait pourtant totalement assuré du contraire !
Et il ne se trouve plus guère que le député-maire aixois pour continuer à essayer de tromper son monde en distillant de ci de là quelques phrases sur l’éventuelle, hypothétique, et tout aussi incertaine que vague possibilité d’une reprise de l’activité par la Ville, au sein d’une SEM (société d’économie mixte) dont elle serait le principal actionnaire. Allez savoir pourquoi, mais on croit à peu près autant à la volonté de Dominique Dord de créer une SEM des Thermes qu’à la bonne foi du gouvernement Sarkozy quand il nous annonce que la Poste ne sera pas privatisée !
La privatisation de la Poste se fera-t-elle dans l’indifférence générale du public, comme c’est le cas à Aix les Bains pour les thermes nationaux ? C’est un des enjeux du scrutin de demain. Réponse très prochainement.
| Au-delà de ces considérations, une question nous semble devoir être posée : la Poste, telle qu’elle existe aujourd’hui, remplit-elle les missions de service public qui sont les siennes ? Vaste sujet qui mériterait sans nul doute plus de temps et de lignes que nous ne pouvons lui consacrer. Alors permettez-nous de l’aborder par le petit bout de la lorgnette, au travers de deux questions et deux constats un rien polémiques, mais cependant bien réels : - à l’heure d’internet, du téléphone mobile et des SMS, avons-nous vraiment besoin qu’un facteur fasse la tournée de nos boîtes aux lettres six jours par semaine ? - pourquoi les livraisons de colis par la Poste se font-elles pour leur immense majorité à des heures où les personnes qui travaillent sont absentes de chez elles, ce qui oblige ensuite les personnes en question à prendre sur leur temps de travail pour aller retirer leur colis dans un bureau de poste où ils devront de plus faire la queue plusieurs minutes ? | - on peut tout aussi efficacement (et même plus) acheter des timbres auprès d’un distributeur privé (épicerie, buraliste, point multi-services …) - il est souvent plus pratique et bien moins long d’aller retirer un colis auprès d’un point-relais privé (notamment dans les stations service) S’opposer à la privatisation de la Poste, pourquoi pas ? Mais s’opposer à une transformation qui viserait à faire en sorte que le service rendu au public soit véritablement adapté aux besoins du public, sûrement pas ! La privatisation permettrait-elle d’atteindre cet objectif ? On en doute fort. Mais ce n’est pas une raison pour jouer le statu quo ! |