La Crise ?
Mais c'est quoi ça la crise ? Connait pas !
Chers Concitoyens, Chères Concitoyennes,
Au cas improbable où vous ne le sauriez pas encore : C'EST LA CRISE !
Bon d'accord, pas la peine de crier comme ça. Et d'abord la crise de quoi ? La crise financière mondiale à ce qu'il parait. Possible. En tout cas sûrement pas la crise du capitalisme libéral.
Résumons.
Depuis des décennies, les financiers, les golden boys, les boursicoteurs en tout genre et autres requins spécialistes de la nage en eau trouble s'en foutent plein les poches.
Comment ? En spéculant sur tout et n'importe quoi : le prix du gaz, du pétrole, des denrées alimentaires, la valeur d'une entreprise (qui généralement augmente dès l'annonce d'un plan social ou d'une délocalisation) ... etc.
Bref ils s'engraissent sur notre dos sans créer la moindre richesse (sauf pour eux), et surtout sans contribuer ne serait-ce qu'un tout petit peu à améliorer la condition humaine. C'est même souvent le contraire, comme par exemple quand l'homo occidentalis s'est mis en tête de faire fonctionner sa voiture au bio carburant pour faire plus joli. Tout le petit monde "des marchés" a aussitôt sauté sur l'occasion pour spéculer sur le prix du maïs (entre autres), plongeant des pays comme le Mexique (ce n'est qu'un exemple) dans de graves difficultés alimentaires.
Qu'importe le flacon des conséquences pourvu qu'ils aient l'ivresse des milliards qui s'engrangent sur leurs comptes en banque !
Et puis patatras ! A force de vouloir trop tirer sur la corde, il y a un moment où celle-ci finit par lâcher. Effet de dominos. Faillites en cascades. Le château de cartes s'écroule.
Et là, ô surprise, voila les grands manitous financiers de la planète qui appellent à leur secours ces états honnis, ces empêcheurs de faire son beurre en rond.
Et que croyez-vous qu'il advint ? Ces mêmes états qui se disaient exsangues, qui ne trouvaient que très difficilement quelques millions d'euros à injecter dans l'éducation ou la santé publique, trouvent brutalement du jour au lendemain des centaines de milliards d'euros pour renflouer ces pauvres financiers qui ont cassé leur joujou.
Mais d'où sortent donc ces milliards à la pelle ? Les caisses des états (1) étant globalement aussi vides que la culotte d'un eunuque, les milliards en question ne peuvent sortir que ... d'emprunts ! Et à qui les états empruntent-ils ? Ben, comme tout le monde, aux banques et aux organismes financiers.
Et oui, ça se passe comme ça chez Mac Sarkozy (et chez les autres aussi) !
Pas très moral tout ça. Car au final qui va payer rubis sur l'ongle les conséquences des imprudences d'un système qui s'est auto-emballé après avoir grassement enrichi ses adeptes ? Les états, c'est à dire nous, pauvres cloches de contribuables de base.
Non, vraiment pas très moral tout ça. Mais comme si ça ne suffisait pas, voila que les financiers spéculent désormais ... sur les emprunts lancés par les états pour les renflouer ! Plus fort que le roquefort ! Et oui, les grands argentiers de la planète font la moue devant les taux d'intérêt proposés par les états pour leurs souscriptions de bons du Trésor.
Non que les taux ne soient pas intéressants. Ni que les placements ne soient pas sûrs. Non, c'est juste que les requins de la finance restent des requins de la finance. Et ils ont bien compris que les gouvernements étaient dans l'obligation de mettre en oeuvre leurs plans de relance. Alors pourquoi ne pas profiter de cette obligation pour faire grimper les taux, et ainsi s'en mettre encore un peu plus plein les poches !?
La crise ? Mais c'est quoi ça la crise ? Connait pas !
(1) à part quelques exceptions notoires comme Monaco ou le Grand Duché du Luxembourg, preuve évidente que la noblesse sait bien mieux gérer les affaires d'argent que le petit peuple !