"Il faut s'habituer dans ce pays à ce que les gens qui rendent des comptes ne soient pas nécessairement uniquement les gens qui sont au plus bas niveau de l'échelle. Les dirigeants et les hauts fonctionnaires doivent aussi rendre des comptes quand il y a des fautes et des erreurs". Cette déclaration, on la doit à Frédéric Lefebvre, député des Hauts de Seine et porte-parole de l'UMP. Qui ajoute par ailleurs que "si quelqu'un failli à sa mission, il est normal qu'il soit sanctionné".
Voila des propos qui devraient mettre un peu de baume au coeur des personnels fonctionnaires des Thermes, à qui on essaye de faire porter l'entière responsabilité de la faillite de leur établissement, en dédouanant ainsi ses dirigeants.
Des personnels qui, à ce jour, sont les seuls à qui on demande des comptes. Et encore, on ne leur demande par de rendre des comptes : on leur impose tout simplement d'aller se faire voir ailleurs. Mais finalement pas tout de suite parce qu'on a encore besoin d'eux, sans savoir précisément pour combien de temps.
Hélas pour eux, ce n'est pas en pensant aux Thermes d'Aix les Bains que Frédéric Lefebvre a tenu ces propos.
Non, il tentait de justifier les mutations-sanctions prises à l'encontre du Préfet et du Directeur de la Police de la Manche. Lesquels auraient parait-il tous deux failli à leur mission de maintien de l'ordre public, en ne tenant pas des manifestants suffisamment à l'écart du chef de l'état pour que ce dernier n'entende pas leurs sifflets et leurs huées ! (lire par ailleurs
Nicolas Sarkozy 1er, Prince de (mé)fait(s)).
Mais comment ne pas faire le parallèle avec la situation des Thermes ? Pourquoi devrait-il y avoir, une fois de plus, deux poids, deux mesures ? Le redressement de l'établissement fait (faisait ?) incontestablement partie de la mission de ses dirigeants. L'un d'entre eux (Dord pour ne pas le nommer) l'avait d'ailleurs accepté de bon coeur, cette mission : personne ne l'a jamais forcé à promettre une fréquentation de 40.000 curistes, ni à promettre l'explosion de l'activité bien-être, ni encore à promettre le retour à l'équilibre financier.
"Il faut s'habituer à ce que les dirigeants et les hauts fonctionnaires soient sanctionnés" nous dit l'UMP par la voix de son porte-parole. Très bien ! Bravo !
Prenons les bonnes habitudes tout de suite : demandons des comptes aux dirigeants des Thermes Nationaux. Les anciens comme les actuels. Jean-François Michel, ancien directeur, Jean-Paul Benoît, ancien directeur du marketing et de la communication. Philippe Plat, actuel directeur. Arnaud Allesant, actuel directeur du marketing et du développement. Sans oublier tous les nombreux autres directeurs/trices de ceci ou de cela au sein des TNAB.
Sans oublier non plus bien sûr les hauts fonctionnaires, comme Thierry Dieuleveux, président du conseil d'administration. Et sans oublier les politiques, à commencer par le premier d'entre eux, Dominique Dord.
Oui, qu'attendent tous ces gens-là pour rendre des comptes ? Pourquoi les seules sanctions prises à ce jour ne visent-elles que les personnels au bas de l'échelle ?
Qu'attend donc le gouvernement UMP pour demander des comptes à tous ces "responsables", et pour les sanctionner ? Car au vu de la situation actuelle de l'établissement, il est évident qu'ils ont tous failli à leur mission. Visiblement, les bonnes habitudes ne sont pas si faciles que ça à prendre. Et puis les mauvaises sont très difficiles à perdre ...
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