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C'est tout du moins ce qu'on s'est dit en réécoutant l'autre jour le « débat »(1) de la séance du conseil municipal du 19 novembre 2007, lors du point consacré au marché public d'assistance juridique permanente de la ville.
On peut y entendre une passe d'armes (une de plus) entre le maire et deux élus de l'opposition d'alors, en l'espèce Fabrice Maucci et Christian Serra. On peut aussi y entendre le silence (déjà assourdissant) des autres élus, notamment ceux de la majorité. Bref, un grand classique de la « démocratie » à la sauce aixoise(2).
Mais l'intérêt de cette archive sonore(3) ne réside pas dans la forme de cet échange verbal, mais dans le fond. Oh, il est tout petit. Tout petit, mais au bon goût fruité mais puissant comme on dit dans la publicité. En substance, on entend Christian Serra se plaindre de n'avoir toujours pas été destinataire d'un document demandé en commission des finances, et récapitulant les dépenses d'assistance juridique et leur évolution depuis 2001. Comme à son habitude, le maire lui répond qu'il ne sait pas si ce document existe, ni si une réponse lui a été adressée. Et deux ou trois piques plus tard, le point est adopté à l'unanimité.
Et voici résumé en deux minutes et trente-neuf secondes le fonctionnement de la démocratie locale aixoise.
Des commissions où, paraît-il, tout se prépare, mais où les élus ne sont pas informés. Des demandes d'informations complémentaires qui ne sont jamais suivies d'effet. Un maire pas au courant des dossiers. Une opposition qui rue dans les brancards, mais qui au final adopte le rapport alors même qu'elle se plaint de ne pas être suffisamment informée sur son objet.
Et surtout, ou surtout, des élus dont on se demande en quoi consiste le travail. Car, rappelons-le, la délibération qui leur était soumise ce soir là consistait à reconduire le marché d'assistance juridique de la ville, mais avec une augmentation de 122% de son budget, et une augmentation de 177% du taux horaire de facturation, par rapport au marché des deux années précédentes.
Des augmentations plus que conséquentes qui à l'évidence appelaient des questions. Lesquelles nécessitaient des réponses. Et visiblement, il ne s'est trouvé aucun élu pour s'interroger sur les raisons d'être de ces augmentations pour le moins conséquentes. Pas plus lors de la séance du conseil que lors de la commission des finances.
A quoi sert un avocat payé 212 euros de l'heure s'interroge le Journal d'Aix les Bains ? Mais à quoi servent des élus qui ne jugent pas utile de se faire expliquer les raisons d'une augmentation de 177% ?