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En 2008, l'arrêté préfectoral interdisant la pêche de plusieurs espèces de poissons dans le lac du Bourget, pour cause de contamination des espèces concernées par des PCB, avait fait grand bruit. Un grand bruit qui, comme par enchantement s'était tu à l'approche de la saison estivale : il convenait sans doute de ne pas effrayer le touriste.
L'arrêté pris le 5 février dernier par la Direction Départementale des Services Vétérinaires n'a lui pas fait grand bruit. On dirait même qu'il est totalement passé inaperçu. Et pourtant, cet arrêté établit lui aussi l'interdiction de la pêche de plusieurs espèces : omble-chevalier, gardon, anguille et brème.
Par rapport aux arrêtés antérieurs, on note que le lavaret n'est désormais plus interdit de pêche. Mais aussi qu'une autre espèce, la brème, jusque-là autorisée à la pêche, se trouve désormais frappée par l'interdiction.
Du coup on s'y perd un peu. Et on a bien du mal à comprendre comment une espèce telle que le lavaret pourrait avoir été contaminée par la pollution au PCB, puis ne plus l'être, alors que dans le même temps une espèce qui ne l'était pas auparavant, a été elle contaminée. La pollution au PCB serait-elle une pollution « sélective », qui choisirait ses victimes au gré de ses humeurs ? On a quelques doutes ...
A quelques semaines du démarrage de la saison estivale sur le lac du Bourget, faut-il s'attendre à voir, comme en 2008, cette contamination disparaître comme par enchantement, pour « mieux » réapparaître une fois la saison touristique passée ?
Au-delà de toutes ces questions, auxquelles on avoue ne pas avoir de réponses très claires à proposer, plusieurs constats s'imposent.
Tout d'abord, il est évident que, même si des progrès ont été faits en la matière, la transparence et l'exhaustivité de l'information de la population sur les problématiques de santé publique ont encore bien du chemin à parcourir.
On voit ensuite que le principe du pollueur-payeur est une fois de plus battu en brèche. Bien que la pollution du lac du Bourget (et d'autres lacs alpins) soit avérée, et suffisamment importante pour engendrer des interdictions de pêche qui affectent l'économie locale (pêcheurs professionnels, restaurateurs) mais aussi la qualité de vie des populations, à notre connaissance, aucune enquête visant à rechercher l'origine de ces pollutions n'a encore été lancée.
On se risquera enfin à un parallèle peut-être un peu osé entre ces problèmes de santé publique liés aux PCB, et ceux qui pourraient découler de la surabondance des rayonnements électromagnétiques artificiels (téléphonie mobile, Wifi, Wimax ...) dans nos villes. Il y a plus de vingt ans que des associations comme la FRAPNA ou France Nature Environnement essayent d'alerter le public et les autorités sur les problèmes de pollution liés aux PCB. En vain, serait-on tenté de dire. Ou pour le moins avec un succès et une écoute qui ne sont certainement pas à la hauteur des problèmes.
Aujourd'hui, d'autres associations et mouvements écologistes tirent la sonnette d'alarme à propos des rayonnements électromagnétiques. Sans être plus écoutés, et à fortiori encore moins entendus. L'histoire est un éternel recommencement ...