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Un des objectifs fixé par le Grenelle de l'environnement est d'atteindre 20% de bio en 2012 dans les cantines scolaires. Un objectif qui en accompagne un autre : celui d'atteindre, toujours en 2012, 6% des terres cultivables françaises dédiées à la production bio. Actuellement, nous en sommes à seulement 2%, contre par exemple 10% à nos voisins italiens(1).
Pour relayer cet objectif, le WWF vient de lancer une grande campagne de sensibilisation et du public, intitulée
OUI AU BIO DANS MA CANTINE. Avec un point d'orgue jeudi prochain, jour où sera lancé un nouvel appel du 18 juin !

Concernant les cantines scolaires, plusieurs communes de l'agglomération aixoises ont d'ores et déjà atteint l'objectif. C'est par exemple le cas d'Aix les Bains qui propose un repas bio par semaine sur les quatre repas servis. Mais on peut aussi citer Albens et Epersy, dont les cantines proposent tous les jours aux enfants un plat principal bio.
On peut y voir la preuve qu'il existe quand même un fond de sensibilité environnementale chez des élus UMP comme Dominique Dord ou Claude Giroud. On peut aussi y voir la preuve que les objectifs du Grenelle de l'environnement sont, pour la plupart, trop peu ambitieux, et qu'il aurait peut-être fallu fixer la barre plus haut, à 40% voire plus.
Au-delà, on peut aussi s'interroger sur l'origine du bio que mangent ou mangeront nos enfants dans les cantines. Du bio, c'est bien, mais du bio local, c'est mieux. Or la tendance des géants de la restauration collective comme Sodexho serait plutôt au « pétro-bio », voire au « kérosèno-bio » : du bio, certes, mais qui vient de loin, parfois de très loin, à grand renfort de camions, de bateaux et d'avions.
On aurait aimé que le WWF intègre cette notion d'origine dans sa campagne. Et on suggère donc aux citoyens qui répondront à l'appel du 18 juin de tenir compte de cet aspect. Non seulement pour limiter la pollution générée par les transports, mais aussi pour redévelopper une agriculture vivrière locale.
Un sujet que nous avons déjà eu l'occasion d'aborder dans nos pages, tant il est vrai que dans ce domaine, à Aix les Bains, le bât blesse.
Aix ne possède quasiment plus de production agricole sur son territoire communal. Il n'existe à notre connaissance qu'un seul producteur bio (le Jardin des Eaux Vives, géré par André Garin, derrière le hameau de Choudy). Et les exploitations maraichères ou horticoles encore implantées sur Aix subissent une pression foncière importante, qui les amènent à disparaître les unes après les autres.
Il est pourtant important, et même nécessaire de maintenir et de redévelopper une agriculture de proximité, au sein même de nos communes.
Hélas, la sensibilité environnementale d'un Dominique Dord ne va visiblement pas jusque là. Il a au contraire choisi de livrer au bétonnage plusieurs dizaines d'hectares de terres arables sur les bords du lac, dans le cadre d'un immense chantier (le « Grand Parc Urbain des Bords du Lac ») dont on n'a toujours pas compris comment il avait pu être déclaré d'utilité publique.
Il n'est peut-être pas déjà trop tard pour sauver le peu de terres qui restent, mais c'est sûr qu'il y a urgence à le faire.
Pas sûr que la conjugaison de la crise financière, qui touche aussi l'immobilier, et de la « vague verte » lors des dernières élections européennes, suffise à rendre ce sauvetage possible. Aux citoyens de se mobiliser ! Mais quand on voit la très faible mobilisation des dernières élections, on peut avoir quelques craintes.