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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 07:45

magic_casinos_jackpot.jpgConseil municipal du 16 novembre 2009. Dans une de ses grandes envolées dont il a le secret, le maire d’Aix les Bains proclame que la ville a maintenu, pendant des années, les tarifs de cantines scolaires les plus bas du département. Mais qu’elle ne peut désormais plus se le permettre. Doublement faux !

 

Tout d’abord parce qu’Aix les Bains est bien loin d’avoir les tarifs de cantines scolaires les plus bas du département. Pas plus que des tarifs 30% moins chers que Chambéry. Une dernière affirmation aussi péremptoire que fausse. Lancée par l’intéressé sans que ni lui-même ni ses services n’aient pris le temps d’en vérifier le bien-fondé et l’exactitude. Comme nous l’avions exposé à l’époque (lire par ailleurs), non seulement les tarifs aixois mis en place par Dord et sa majorité étaient plus élevés que ceux de Chambéry, mais aussi que ceux d’Albertville !

 

Quant au fait de ne soit disant plus pouvoir maintenir les anciens tarifs … Voila une affirmation qui ne résiste pas plus de quelques secondes à une analyse chiffrée. Comme nous l’avions montré en 2009 (lire par ailleurs), la grosse augmentation intervenue à la rentrée 2009 ne permettait à la ville, dans le « meilleur » des cas, qu’une économie de 144.000 euros par an. 144.000 euros qui, en contrepartie, revenaient désormais à la charge directe des familles aixoises dont les enfants prennent leurs repas dans les cantines des écoles de la ville. Lundi dernier, les élus du conseil étaient appelés à se prononcer sur le renouvellement de la délégation de service public de la SA du Cercle, propriétaire et exploitante du Casino Grand Cercle. Rappelons que de 2004 à 2009, cette société privée a encaissé un bénéfice net de 11 millions d’euros. Net c'est-à-dire après paiement de l’impôt sur les sociétés. Lundi dernier, cela n’a pas empêché les élus de la majorité d’accorder une remise annuelle de 139.000 euros à cette société, sur la redevance forfaitaire qu’elle doit verser à la ville. De 600.000 euros auparavant, cette redevance passe à 461.000 euros.

 

En 2009, la ville ne pouvait donc pas se permettre de continuer à dépenser 140.000 euros par an au bénéfice des familles aixoises. En 2011, cela ne pose aucun problème d’accorder à une richissime société privée une remise annuelle du même montant. L’expression « déshabiller Pierre pour habiller Paul » illustrée dans toute sa splendeur ! D’autant que le patron des casinos aixois se prénomme précisément … Paul.

 

 

LE MOT DE LA FIN

Cet exemple n’est malheureusement qu’un exemple parmi d’autres. La majorité municipale n’est jamais en mal d’imagination quand il s’agit d’accorder des remises, des aides, des subventions à des sociétés privées. 200.000 euros de travaux de structure payés par la ville dans le théâtre du casino (qui appartient à la SA du Cercle). 300.000 euros versés à un promoteur immobilier pour aménager une partie de son espace privé dans le cadre de l’opération de l’ilot Verlaine. 463.500 euros de remise sur le droit à construire de la ville promis à un autre promoteur immobilier pour le projet de l’ilot Wilson. Ou encore les 2 millions d’euros de travaux que la SA du Cercle aurait du réaliser dans le théâtre, qu’elle n’a jamais faits, et que la ville ne réclame pas. Ou encore les centaines de milliers d’euros versés chaque année à la société privée organisatrice de Musilac. On en passe. Au final, en un peu plus de 10 ans, ce sont des millions que Dord et ses majorités ont ainsi laissés en route, au profit de sociétés privées.

 

Parce qu'elles le valent bien ?

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