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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 07:44

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Sous la baguette de son président, Dominique Dord, et de son compère et vice-président en charge du tourisme, Jean-Claude Loiseau, la CALB a décidé d’investir dans le restaurant du belvédère de la Chambotte. Un investissement hors de son territoire, la Chambotte étant sur celui de la communauté de communes du canton d’Albens (CCCA). Voila qui tombe plutôt bien. Le maire d’Albens, également membre du conseil communautaire, n’est autre que Claude Giroud, suppléant de Dord à l’Assemblée Nationale. Et, tout comme Jean-Claude Loiseau, conseiller général de la Savoie. Le premier étant vice-président du conseil général, le second « simple » président de commission. Tout ce petit monde appartient, selon la formule consacrée, à la même et unique famille politique, l’UMP. Autant faire des affaires entre gens du même bord.

La décision de la CALB d’investir à la Chambotte devait permettre l’aménagement d’un tout nouveau restaurant sur le site, dès l’été 2011. C’est tout du moins ce qui était annoncé. Las. L’été 2011 s’en est allé, et rien de tel n’a été fait. D’appels d’offres infructueux en marchés « négociés », bien malin qui pourrait dire quand ce nouveau restaurant verra le jour. Et combien il va coûter aux contribuables de la CALB et de la CCCA réunis. Pour faire avaler la couleuvre aux autres élus de la CALB, on leur avait fait miroiter une première estimation en-dessous du million d’euros. On en est aujourd’hui à près de 2,5 millions ! Et tout ça pourquoi ? On se le demandait jusqu’à ce que Jean-Claude Loiseau, dans un récent article paru dans le Dauphiné Libéré, vienne enfin apporter une explication.

Si la CALB devait impérativement investir l’argent de ses contribuables hors de son territoire, c’était pour sauver le restaurant de la Chambotte du risque d’un passage au privé. Eh oui, vous avez bien lu. En décidant d’investir dans la Chambotte, nos trois compères ont volé au secours du patrimoine public. C’est beau, c’est généreux, c’est grand, c’est magnifique, comme le chantait Georges Brassens. Pour autant, impossible de ne pas faire de comparaison avec une autre privatisation. Bien réelle celle-là. Celle des thermes d’Aix les Bains.

A la Chambotte, nous avons un site naturel magnifique sur lequel est implanté un restaurant appartenant au domaine privé. Si la rentabilité (potentielle) du restaurant lui-même ne fait pas de doute, pour autant ce dernier ne constitue pas un poumon économique essentiel des communes de la CCCA. Encore moins de celles de la CALB. Le trio Loiseau-Dord-Giroud décide néanmoins que le site vaut bien 2,5 millions d’euros de dépenses publiques.

A Aix les Bains, nous avons les thermes nationaux publics. Principal poumon économique de la ville, mais aussi des communes environnantes. Des thermes dans lesquels les collectivités publiques (état, région, département, ville) ont investi des dizaines de millions d’euros. Notamment pour la récente construction des thermes de Chevalley, qui ont coûté 42 M€. Face aux difficultés rencontrées par les thermes, l’état a choisi de s’en séparer. Et là stupeur ! Eu égard à la position prise par nos trois élus cités plus haut concernant le restaurant de la Chambotte, on pouvait légitimement s’attendre à ce qu’ils fassent de même pour les thermes. A savoir qu’ils proposent là aussi que les collectivités locales les rachètent. Si un malheureux restaurant au sommet d’un piton rocheux valait le coup de 2,5 M€ de dépenses publiques, les thermes Chevalley (l’établissement thermal le plus moderne d’Europe dixit Dord) pouvait difficilement en valoir moins. Il faut croire que non.

Pour les thermes Chevalley, leurs terrains, leurs sources thermales, leurs parkings, leur blanchisserie industrielle … etc, Dord a choisi de ne pas proposer plus qu’un euro symbolique. Un choix qu’à aucun moment, ni Giroud ni Loiseau n’ont contesté. Ni même simplement critiqué. Pour tout dire, leur silence sur cette question a été assourdissant. Qui ne dit mot consent. Silence consentant. Silence complice.

Résumons. A la Chambotte, 2,5 M€ de dépenses publiques pour « sauver » de la privatisation un simple et modeste restaurant. A Aix les Bains, un tout petit euro symbolique proposé pour ne pas sauver de la privatisation près de 50 M€ de patrimoine public, et ne pas garder le contrôle sur une activité vitale qui injecte chaque année plusieurs dizaines de millions d’euros dans l’économie locale. Inutile de chercher l’erreur : elle saute aux yeux !

La privatisation : un risque à la Chambotte, et une chance pour les thermes. Comme quoi, en politique, une fois de plus, il n'y a pas de convictions. Juste des circonstances.

 

 

LE MOT DE LA FIN
Bien évidemment, avec leur euro symbolique, les compères Dord-Loiseau-Giroud n’ont pas sauvé les thermes de la privatisation. C’est la société privée Valvital qui a emporté le morceau pour 3 M€. Une fois qu’elle aura revendu aux collectivités les parties du patrimoine qui lui ont été cédées et qui ne lui sont d’aucune utilité (un parking, le parc de verdure, ses kiosques, son théâtre), Valvital s’en sortira avec un prix de rachat inférieur au 2,5 M€ de la Chambotte. Et si son PDG sait bien mener sa barque (et c’est visiblement le cas), une fois la blanchisserie également revendue, le rachat de près de 50 M€ de patrimoine pourrait bien lui revenir à … un euro symbolique.

Si Giroud et Loiseau sont restés muets sur le sujet, en revanche Dord s’est félicité de cette privatisation. Il faut dire qu’il a indiqué à la presse avoir rencontré lui-même Bernard Riac, le PDG de Valvital, pour lui demander d’être candidat à la reprise des thermes. Double jeu d’un député-maire qui d’un côté rencontre un privé pour lui demander de reprendre les thermes, et qui de l’autre côté est mandaté par le conseil municipal pour conduire une offre publique de reprise.

Un dernier mot. En 2008, Dord promettait aux électeurs aixois de poursuivre l’aide financière de la ville aux thermes, pour un retour à l’équilibre financier d’ici à 4 ans. C'est-à-dire avant fin 2011. C’est donc qu’il avait confiance en la capacité des thermes publics à redresser la barre. Alors pourquoi être allé chercher un repreneur privé ? Pourquoi n’avoir proposé qu’un petit euro symbolique pour des thermes pour lesquels il nous promettait un retour imminent à l’équilibre financier ? Une seule certitude face à ces interrogations : en 2008, tout comme en 2001, Dord s’est bien foutu de la gueule des aixois avec ses promesses à la graisse de hérisson à propos des thermes. Mais il aurait bien tort de s’en priver : les aixois en redemandent !

 

Dord2008Thermes.jpg

Le chantier prioritaire du candidat Dord en 2006 : le retour à l'équilibre financier des thermes avant la fin 2011. Simple promesse électorale sans lendemain comme tant d'autres, ou bien tromperie manifeste ?

 

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